Editorial

D’un risque naturel peut-on en faire un atout ?

Un plan de prévention des risques naturels de plus sur le littoral picard, celui du Marquenterre

– Baie de Somme ! …
Il a été approuvé par arrêté préfectoral le 10 juin 2016 en dépit de l’avis des commissaires enquêteurs et d’une partie de la population concernée par son application. Les esprits se sont échauffés, comme s’il était nécessaire de rappeler que nous vivons dans une zone dangereuse ! Nos anciens le savaient et s’en étaient accoutumés. Voyez les renclôtures et les
digues qui parcourent les Bas-champs dont certaines remontent au Moyen-Âge !

Certes, la mer est une ressource mais elle est aussi un danger permanent. Là où quelques hameaux s’étaient perchés sur des foraines, ces anciens bancs de galets quasi insubmersibles, se sont maintenant installés des lotissements, des habitations. L’hôtellerie de plein air parmi d’autres activités, s’est développée dans les Bas-champs. Lorsque la ville de Rue avec son port attenant, vivait son âge d’or au XVe siècle elle ressemblait à une île entourée et protégée par d’immenses marais. Puis la mer s’est progressivement retirée avec la connivence des hommes qui ont construit des polders.

Sur le littoral lui-même, actuellement et à l’échelle de quelques décennies, certains s’inquiètent de voir le trait de côte changer aussi rapidement. Ils constatent la destruction de
certains ouvrages de protection contre la mer et la menace imminente qui pèse sur les maisons en front de mer. Ces préoccupations prennent de plus en plus le pas sur l’insouciance et le déni qui ont pu prévaloir auprès de riverains.

Les médias renvoient aux dérèglements climatiques comme cause de tous ces risques, avec une place particulière pour l’impact des activités de l’homme qui en accélère le phénomène. Les dernières recherches concordent pour dire que l’élévation du niveau des mers est incontestable et ne peut que s’amplifier au cours de ce siècle avec, en particulier, une intensification des tempêtes, des submersions marines et de leurs effets en cascade.

Que peut-on faire alors ?
Au niveau international et national, des études scientifiques et des prises de décision se sont enchaînées. Mais quelle en est la logique ? Nous connaissons mal toute cette accumulation de conférences et de décisions qui aboutissent à des projets capitaux comme des plans de préventions des risques naturels dont la rigidité dans l’application irrite – voire inquiète – et semble surtout démesurée. La population, avec son capital de biens et de patrimoine matériel et immatériel, doit-elle bouger au rythme des tempêtes à venir ? Il est temps de faire le point localement pour pouvoir aller plus loin, pour pouvoir s’adapter en toute intelligence. Et pourquoi ne pas tenter de transformer le risque naturel en un atout ?

Jean-Marc Hoeblich

 

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