LT-PREFET-25-06-2016

Amiens, le 25 juin 2016


Monsieur le Préfet,

Les membres de l’association Pour le littoral picard et la baie de Somme réunis le 12 mars 2016 en assemblée générale au Crotoy ont soulevé un certain nombre de questions que nous vous soumettons en souhaitant vivement que vos services puissent y apporter réponse. L’attente du public est d’obtenir non seulement une information clarifiée mais aussi de la concertation.

Pour un public non averti, il est difficile de comprendre la politique de l’Etat en matière d’inondation et de submersion marine, en particulier en Picardie maritime, d’autant que la Cop 21 a souligné l’importance de s’adapter au changement climatique. Quelles sont les interrelations existantes pertinentes à mettre en exergue entre les différents plans et stratégies en cours d’application sur le littoral picard? Les risques d’incohérences entre les différents projets et leurs structures porteuses interrogent les personnes vivant sur cet espace.  Des interrogations nous ont été formulées concernant le PPRN récemment achevé qui, entre autres, ne prend pas compte l’ensablement de la Baie, le risque de submersion en baie d’Authie en relation avec l’entretien de la digue.

La projection à 50 ans et plus, est hors de portée de l’entendement de tout un chacun. Compte tenu des aléas dans la prévision de la situation à échéance à moyen terme, ne faudrait-il pas prévoir explicitement des clauses de révision pour adapter les enjeux aux risques ?

Le fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit « Fonds Barnier », suffira-t-il à indemniser les dommages dus aux catastrophes naturelles à venir ? Que peut-on attendre des sociétés de réassurance ? La solidarité nationale ne pourra pas jouer sans limite, ne faut-il pas envisager d’autres mécanismes ?

Par ailleurs l’activité économique est-elle globalement compatible avec l’évolution de la situation du littoral picard ? Le PPRN ne l’envisage pas suffisamment.

D’autres questions portaient sur certaines activités et des aménagements.

Au sujet de la mytiliculture, il a été souligné par des résidents du littoral que les quelques 100 000 pieux de bouchots participent à l’ensablement et à l’érosion de la côte en détournant courants et sédiments.

A propos de la station conchylicole du Crotoy beaucoup de questions ont été soulevées en particulier sur l’utilisation de l’eau, sur les odeurs et les nuisances, sur le budget alloué et les sources de financement : qui est responsable des bâtiments, du fonctionnement du centre et de sa gestion ? Cet équipement s’inscrit-il dans le respect de l’environnement et du développement durable ?

Qu’en est-il de la charte de « bonne conduite des mytiliculteurs », en cours de rédaction en 2010 dans le document de programmation de l’avenir de la Baie, qu’on ne trouve pas en ligne ?

La densité de moutons des prés salés a été soulevée suite à un article du magazine Baie de Somme du 12.10.2015. Les chiffres mentionnés sont surprenants : 1 200 hectares disponibles, 5 500 moutons  et 12 éleveurs. Mais par ailleurs, on mesure les chiffres en UGB (= unité de gros bétail/hectare).

Si ces données sont exactes, il semblerait inapproprié de maintenir des effectifs d’ovins à ce niveau et plus encore de vouloir les augmenter.

Suite à ce constat, la pollution de la Baie ne viendrait-elle pas aussi des ovins, compromettant entre autres la baignade. Il serait intéressant d’avoir les chiffres officiels et la politique envisagée à ce sujet.

La station de Quend-plage paie 20% de fonctionnement d’Écoplage pour éviter l’aggravation de l’érosion de la côte à cet endroit. Alors qu’il faudrait augmenter l’extension dudit système pour limiter l’érosion, est-il judicieux que des crédits publics servent à aggraver une situation d’une part, et d’autre part à en limiter les effets ? Quelle politique comptez-vous mettre en œuvre vis à vis d’un procédé de restauration d’une plage ?

Y aurait-il une politique de gestion intégrée pour un maintien général d’une dynamique du trait de côte acceptable pour l’ensemble des activités sur le littoral picard ?

Face aux contextes actuels économiques, environnementaux et météorologiques, les citoyens s’intéressent considérablement à leur milieu et sont de plus en plus demandeurs d’informations fiables. Ils sont en attente d’une concertation argumentée dans un climat de sérénité.

L’association Pour le littoral picard et la baie de Somme souhaite vivement que ces différentes remarques fassent l’objet d’une synthèse apportant une information claire, actualisée et de qualité, au public le plus large et dont nous pourrions être en partie le relai.

Nous vous remercions de l’attention que vous pourrez porter à ces questions et nous vous prions d’agréer, monsieur le Préfet, l’assurance de notre haute considération


Jean-Marc Hoeblich

Président

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