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Sur le cordon dunaire picard, des dizaines de blockhaus du Mur de l’Atlantique basculent peu à peu dans la mer.

Un patrimoine qui bascule

Construits entre 1942 et 1944 le long du littoral picard, les blockhaus du Mur de l’Atlantique occupaient à l’origine le haut de plage — derrière la dune, en retrait de la mer. Quatre-vingts ans plus tard, l’érosion du trait de côte, conjuguée à la submersion marine et aux tempêtes hivernales, les a parfois rattrapés.

Parmi ceux-ci, aujourd’hui, le blockhaus situé au Hourdel se retrouve sur l’estran, sur le sable même. Il a basculé sous la poussée des marées de vives-eaux et surtout des tempêtes. L’ouvrage devient ainsi une station de mesure involontaire — un témoin daté du recul du rivage.

Blockhaus basculé sur l'estran

Lire le littoral en mouvement

Le basculement des blockhaus n’est pas un accident. Il raconte, à l’échelle d’une vie humaine, ce que la géomorphologie nous apprend à plus longue échéance : la côte picarde recule, le cordon dunaire migre, l’estran avance. Ces bétons figés deviennent paradoxalement des marqueurs de mouvement.

Le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale en collaboration avec le Grand Site de France Baie de Somme, le Grand Site de France les Deux-Caps Blanc-Nez, Gris-Nez, le Conservatoire du Littoral et la DREAL ont déployé en 2020 un observatoire photographique des paysages marins et littoraux vus depuis la mer. Le blockhaus du Hourdel fait partie des points répertoriés.

Dans le sillage de ce travail de grande envergure, LPBS s’intéresse plus particulièrement au blockhaus du Hourdel. L’un des objectifs pourrait être de suivre cet ouvrage sur une année ou sur un temps plus long. Les internautes pourraient être invités à partager leurs propres photos, leur propre vision du blockhaus, en toute saison, à toute heure du jour ou de la nuit.

Un programme de documentation au long cours

L’objectif serait de documenter l’évolution du paysage aux alentours de ce blockhaus emblématique et très connu mais aussi l’appropriation par le public de cet étrange élément patrimonial. Il est régulièrement orné de graffitis, photographié par les visiteurs en mode selfie, parfois entouré par la mer et les vagues, parfois seul au milieu des sables…

Ce travail s’inscrit dans le programme « Patrimoine maritime » de LPBS, en lien avec les recherches sur l’érosion menées par le Cerema et le BRGM, et avec les actions de sensibilisation auprès des communes du littoral.