Une activité ancrée dans le territoire
De Cayeux-sur-Mer au Hourdel, de Saint-Valery-sur-Somme au Crotoy, la pêche à pied accompagne le rythme des marées depuis des siècles. Lorsque la mer se retire loin sur l’estran, des centaines de pêcheurs descendent sur les bancs — venettes, râteaux, bottes et grattent le sable pour en retirer les coquillages qu’ils livreront aux mareyeurs un peu plus tard.
Les coques (Cerastoderma edule) restent l’espèce emblématique de la Baie. On les ramasse à la main ou au râteau, sur les bancs sablo-vaseux découverts, dans une fenêtre de quelques heures autour de la basse mer.
Une activité qui, pour certains pêcheurs à pied, est complétée par la cueillette des herbes halophytes : salicorne, aster maritime ou obione…

Une ressource sous surveillance
Le gisement de coques de la Baie de Somme est l’un des plus importants de France. Sa pêche, à la fois professionnelle et de loisir, est encadrée par arrêtés préfectoraux : quotas, taille minimale, périodes d’ouverture, classification sanitaire des zones. Chaque saison, la pression de ramassage et l’état du gisement font l’objet d’un suivi attentif par l’Ifremer, le CRPMEM, les agents de l’OFB et le Gemel.
Ce que LPBS observe
- La fréquentation des bancs à chaque vive-eau, par comptages aux points d’accès.
- L’évolution des pratiques — outils utilisés, profils des pêcheurs, durée des sorties.
- Les transferts de savoirs entre générations : qui apprend à pêcher, où, avec qui.
- Les conflits d’usage ponctuels (pêche professionnelle, loisir, ornithologie, protection du site).
Une pratique, plusieurs lectures
La pêche à pied est rarement une simple activité de cueillette. Elle est aussi mémoire de famille, transmission de gestes, lecture fine du paysage — savoir où s’installent les coques après une tempête, où la vase devient instable, où passe le chenal d’un jusant. Documenter ces gestes, c’est documenter une géographie vécue, transmise oralement et qui se réinvente à chaque génération.
Cette enquête s’inscrit dans le programme « Patrimoine maritime » de LPBS, en lien avec le Parc naturel marin Estuaires picards et mer d’Opale et le syndicat mixte Baie de Somme – grand littoral picard.